1 CAARUD ENTR’ACTES – RA 2025 30 FG DE BESANÇON 25200 MONTBÉLIARD TEL : 03.81.31.29.41 POLE-ADDICTOLOGIE.NFC@AHS-FC.FR DIRECTRICE : MME MAUD CAVERZASIO 4 RUE G. KOECHLIN 90000 BELFORT TEL. : 03.84.26.12.20 K-MOBILE TEL. : 06.85.11.08.91 CAARUD ENTR’ACTES I. PRÉSENTATION CATEGORIE D’ETABLISSEMENT OU SERVICE Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues DATE D’AUTORISATION (CREATION OU RENOUVELLEMENT) Décision ARS du 28/06/2010 (*) AGREMENT OU HABILITATION DATE DERNIER AGREMENT Décision ARS du 28/06/2010 N° 2010.106 et Arrêté ARS BFC 2022-03 du 24/01/2022 (**) MODALITE D’ACCUEIL Non concerné MODE DE FONCTIONNEMENT Prestation en milieu ordinaire CATEGORIE DE BENEFICIAIRES Personnes ayant des pratiques addictives (*) (**) Arrêté du 24/01/2022 portant fusion par voir d’absorption de l’association ALTAU par l’association AHS-FC. Le CAARUD Entr’actes œuvre pour un accueil sans condition et un accompagnement des usagers de drogues précarisés et/ou isolés. Le service regroupe deux centres à Belfort, Montbéliard, et une unité mobile rayonnant sur le territoire Nord FrancheComté. Il assure le fonctionnement des dispositifs de réduction des risques dans l’Aire Urbaine. Entr’actes accueille toutes les personnes désireuses de trouver un lieu convivial où se poser dans un cadre collectif pouvant ouvrir selon les demandes à un suivi individualisé. Les missions générales du CAARUD sont l’accueil sans préalable, l’accès aux soins et aux droits sociaux, le travail de rue et en milieu festif, la gestion du matériel de prévention, un rôle de médiation et enfin d’alerte. II. ACTIVITÉ II.1. ANALYSE QUANTITATIVE : II.1.a. File active : La file active globale est de 276 usagers, toutes actions confondues, ce qui représente : 4 867 actes 5 356,50 heures d’accompagnement. La somme des files actives de Montbéliard, Belfort et de l’Unité Mobile s’élève à 306 personnes. En effet, nous recensons 30 personnes dites « doublons » qui ont sollicité et/ou fréquenté plusieurs sites. FILE ACTIVE MONTBÉLIARD BELFORT UNITÉ MOBILE N-1 N N-1 N N-1 N File active usagers : Dont usagers vus une seule fois Dont nouveaux patients 141 75 76 124 68 69 201 113 121 165 83 71 24 9 3 17 6 3 La baisse de file active s’explique notamment par : Une réduction de la file active des personnes rencontrées en festif soit 97 usagers (-45 par rapport à 2024) : afin d’améliorer l’accessibilité au matériel de réduction des risques, les Roule(s) Ta Paille ont été mis à
2 CAARUD ENTR’ACTES – RA 2025 disposition en libre-service cette année. Dès lors, aucun acte de RDR n’a été comptabilisé pour ces personnes, ce qui a donc impacté la file active, Des épisodes de violences et d’agressivité qui ont conduit à des fermetures temporaires et des ouvertures en mode dégradé ayant pu avoir une incidence sur la prise en charge de nouveaux usagers, Une baisse d’activité du Caarud mobile avec 17 usagers (7 de moins qu’en 2024) : l’activité de Lure a été reprise par nos collègues de Vesoul (06 usagers en 2024) et notre activité mobile a été en partie affectée par l’appui de l’équipe « unité mobile » aux Carrud(s) fixes dans le cadre d’absences. Ce sont, néanmoins, 162 personnes qui ont fréquenté les accueils collectifs cette année (184 en 2024). En 2025, 3 usagers ont perdu la vie, sans toujours connaître les causes du décès. Ces évènements ont marqué le public, l’équipe et ont nécessité de prendre en charge les émotions ressenties. La formation de plusieurs professionnels à la thématique du deuil facilite le recueil des émotions du public et de l’équipe. II.1.b. Typologie des actes éducatifs : ACTES EDUCATIFS N-1 N Accueil / Refuge / Lien social 2 166 1 956 Réduction des risques liés à l’usage de drogues et à la sexualité (modes de consommation, récupération de matériel, risques infectieux et sanitaires…) 756 625 Hygiène (nutrition, douches, machine à laver…) 1 801 1 925 Soins infirmiers 64 55 Orientation médicale (substitution, médecine de ville, psychologue) 16 40 Réassurance 40 40 Dépistage et vaccination (VIH, IST, hépatites…) 16 73 Démarches d’accès aux droits (sociaux, santé, administratif, justice…) 147 142 Logement (court et moyen séjour, logement autonome, maintien dans le logement…) 9 9 Formation et emploi (accès et recherche formation, emploi, maintien dans l’emploi…) 7 2 TOTAL ACTES THERAPEUTIQUES ET EDUCATIFS 5 022 4 867 Corrélativement à la baisse de la file active, le nombre d’actes a également diminué. Toutefois, le temps d’accompagnement augmente légèrement (5 356,50 contre 5 326,25 en 2024), ce qui confirme : Une complexification des situations, Des accompagnements plus longs, Une mobilisation renforcée sur les démarches administratives, sanitaires et sociales, Un public plus précaire, avec des besoins primaires (alimentation, hygiène) plus marqués. II.2. LE PROFIL DES USAGERS : Hommes : 76,45 % Femmes : 23,55 %. Moyenne d’âge : 38,5 ans. PYRAMIDE DES ÂGES HOMMES/FEMMES (%) 0 5 10 15 20 25 30 35 16/24 ANS 25/29 ANS 30/34 ANS 35/39 ANS 40/44 ANS 45/49 ANS 50 ANS ET + 11,23 % 14,86% 12,32% 9,42% 19,57% 17,39% 15,22%
3 CAARUD ENTR’ACTES – RA 2025 ORIGINE DES RESSOURCES (%) ORIGINE DE LA DEMANDE DE CONSULTATION (%) PRODUIT MOTIVANT LA DÉMARCHE PRODUIT MOTIVANT LA DEMARCHE PERSONNES CONCERNEES Alcool 120 Tabac 2 Cannabis 42 Opiacés 34 Cocaïne, crack 63 Amphétamines, Ecstasy, LSD 3 Médicaments psychotropes détournés 4 Traitements de substitution détournés 2 Drogues de synthèse 6 MODE DE CONSOMMATION III. MISE EN ŒUVRE DU PROJET DE SERVICE III.1. PRÉSENTATION ET BILAN DES ACTIVITÉS MENÉES : III.1.a. L’accueil collectif : Comme évoqué précédemment, le début de l’année 2025 a été marqué par des épisodes violents récurrents de la part du public accueilli, qui ont conduit à un dépôt de plainte, à des fermetures temporaires complètes du service, à des ouvertures en mode dégradé. Ces mesures étaient nécessaires pour sécuriser les usagers et les professionnels. Ce contexte a affecté la dynamique d’équipe, ce qui a eu dans un premier temps des répercussions sur les offres de services proposées au public. L’équipe de direction a accompagné ces difficultés à travers diverses actions : mise en place d’une formation gestion de la violence et de l’agressivité, lien renforcé avec les forces de l’ordre. Revenus d'Emploi 7,25% Pole Emploi 2,90 % RSA 17,75% AAH 7,25 % Autres 9,42 % Ressources Tiers 0,35 % Sans info 55,08 % Patient 93,85 % Entourage 4,35 % Autres structures addicto, sanitaire 1,08 % Services sociaux 0,72 % Injecte 10,51 % Fumé 30,07 % Mangé / Bu 46,38 % Sniffé 13,04 %
4 CAARUD ENTR’ACTES – RA 2025 Nous avons pu progressivement réinstaurer une dynamique dans l’équipe et auprès des usagers. Le retour à un contexte plus serein a nécessité du temps. Les collectifs ont donc été éprouvants notamment à Montbéliard. A Belfort, l’atmosphère a été tendue, avec néanmoins moins de passages à l’acte : les usagers fréquentent le service de manière très régulière et restent sur toute l’amplitude d’ouverture. Nous observons un mal être général des usagers, une santé mentale fragilisée, ce qui conduit à une augmentation des conflits entre eux et une hausse marquée de la violence. L’équipe doit faire face des situations de plus en plus complexes. Les ateliers cuisines ont été maintenus. Ils apparaissent comme des temps forts et sont un réel vecteur de lien social. Tout comme les temps de jeux de société devenus très présents sur les collectifs, qui permettent de créer du lien. Par ailleurs, les usagers sont toujours en demande de sorties extérieures, notamment en pleine nature. Du fait de la complexité de la gestion des collectifs mais aussi d’une équipe parfois en sous-effectif, elles n’ont pas été aussi nombreuses que les années précédentes. Le repas de fin d’année a pu être organisé au Ballon d’Alsace avec une fondue et l’organisation d’une balade. Une sortie appréciée par le public, qui a pu exprimer le bien-être ressenti « pouvoir sortir du quotidien, lâcher prise, ne penser à rien, juste vivre le moment présent, s’évader un instant ». Enfin, nous avons renouvelé le partenariat avec l’école des Feunus, sur la commune de Sainte Suzanne pour la confection de boîtes de Noël, un temps fort et important pour les usagers. III.1.b. Les soins : Au-delà de proposer un espace pour l’hygiène corporelle, des soins de première intention sont prodigués par les infirmières (plaies, abcès, infections cutanées, surveillance état général…). L’’infirmière a également un rôle de conseil, d’information et d’orientation (hôpital, médecine de ville…). Elle est souvent la première passerelle vers le soin. L’accès aux soins se complexifie du fait du manque de médecins sur le territoire et du refus des médecins installés de prendre en charge de nouveaux patients. Notre public, n’étant parfois pas à jour dans leur couverture sociale, cumule les difficultés d’accès. Les infirmières pallient au mieux en orientant sur la Pass de l’HNFC mais aussi sur nos médecins intervenant au Csapa et le médecin de l’Armée du salut à Belfort. Les usagers, en difficulté, sollicitent davantage les professionnels pour les accompagner physiquement lors de rendez-vous médicaux. Par ailleurs, l’offre de dépistage VIH, VHC, VHB par le biais des TROD(s) est présentée et proposée à chaque nouvelle personne lors de l'entretien d'accueil. Deux journées sur la thématique TROD ont été organisées. La proposition de réaliser un TROD lors de ces journées a été faite à toutes les personnes accueillies au sein de l'accueil collectif. Même si les propositions n'ont pas été suivies d'un accord par les usagers, elles ont permis d'ouvrir l'échange sur les comportements à risques, le dépistage et les différents modes de contamination. Cette année, 64 propositions ont été faites et 2 TROD(s) ont été réalisés. Les échanges avec le public sur la question des prises de risques sont réguliers, que ce soit dans nos murs ou hors les murs, notamment lors de la distribution de matériel de réduction des risques où les échanges amènent la question du dépistage comme élément incontournable. III.1.c. Les droits sociaux : Les demandes d’accompagnement à l’accès aux droits sociaux sont faites par la plupart des usagers accueillis. Pour beaucoup, elles nécessitent soit un accès à internet, soit un numéro de téléphone pour valider les accès, ce qui complexifie les démarches. De plus, les délais administratifs demeurent un frein à la mise en place des démarches. L’usager, souvent, s’essouffle dans ce parcours et abandonne. Mobiliser ce public de plus en plus précaire avec une temporalité longue est un exercice compliqué. Il est nécessaire, en accord avec l’usager, de travailler avec tous les acteurs qui gravitent autour de la situation, afin de ne pas multiplier les démarches et proposer un accompagnement cohérent et clair à l’usager.
5 CAARUD ENTR’ACTES – RA 2025 III.1.d. L’Aller vers : Les interventions en milieu festif : Il s’agit d’aller à la rencontre du public tant sur les festivals que dans les salles de concert. Un stand de réduction des risques composé de différents espaces (documentation, chill out, distribution de matériel) est proposé au public qui peut s’informer et échanger avec les intervenants sur les risques liés à la fête. Le public peut également bénéficier de matériel de réduction des risques et d’un accompagnement en cas de difficultés suite à une prise de produits. INTERVENTIONS EN MILIEU FESTIF NOMBRE DE SOIRÉES NOMBRE DE PASSAGES NOMBRE D’USAGERS ACCOMPAGNÉS NOMBRE D’ACTES Moloco Festival Rencontres et Racines Festival du Bockson 5 3 jours 2 jours 3 921 51 81 Poudrière Belfort FIMU Belfort Festival Eurockéennes Soirée Citadelle de Belfort Résidence secondaire Eurockéennes 5 3 jours 4 jours 1 1 5 012 46 87 Le nombre d’interventions est stable (16 contre 15 en 2024), avec toutefois une baisse du nombre de passages et du nombre d’accompagnements réalisés sur nos actions menées dans le territoire de Belfort. L’annulation du festival Contreforts remplacé par une soirée réalisée sur la Citadelle, le changement de lieu de l’intervention des Résidences Secondaires et notre présence réduite au camping des Eurockéennes expliquent en partie ces diminutions. L’emplacement de nos stands, parfois modifié, engendre également un manque de visibilité donc une fréquentation moindre. Enfin, la baisse des accompagnements est principalement due à un changement de pratiques quant à la mise à disposition en libre-service du matériel de réduction des risques Roule Ta Paille, jusqu’alors comptabilisé comme un acte dans la mesure où la distribution faisait l’objet d’un échange avec un intervenant. Cet échange est toujours possible mais l’usager peut décider de prendre le matériel sans solliciter le professionnel. Le nombre de Roule ta Paille distribué dans ce contexte, est d’ailleurs en augmentation (519 distribués contre 472 en 2024). Toujours dans un souci d’être davantage repéré par le public, un travail autour de l’identité visuelle et de l’attractivité de notre stand a été réalisé. Par ailleurs, nos présences sur chaque évènement ont fait l’objet d’une publication sur notre compte Instagram. Pour 6 évènements festifs, nos équipes n’ont pas pu être présentes en raison de sollicitations faites dans des délais courts : La tournée des Bars à L’Axone à Montbéliard (2 soirées), 1 soirée étudiante à la Cité d’eau, 1 intervention des pompiers auprès de professionnels, 1 intervention auprès d’étudiants, 1 soirée étudiante au MOLOCO à Audincourt. Toutefois, du matériel de réduction des risques a pu être mis à disposition, matériel dont la délivrance ne nécessitait pas de formation particulière (bouchons d’oreilles, préservatifs, éthylotests, plaquette de services…) L’unité mobile appelée K-Mobile : L’unité mobile permet l’accès au service pour les personnes ne pouvant se rendre dans les différents centres. Nous constatons une difficulté à développer ce service, avec une file active qui n’évolue pas. La baisse 2025 s’explique par la réorientation du public résidant dans le territoire de Lure. En effet, du fait de l’indisponibilité longue du Caarud de Vesoul, l’équipe avait répondu aux demandes du public. Le lien avec les usagers était bien établi. Le « bouche à oreille » fonctionnait bien et les demandes étaient nombreuses et sont encore recensées, à ce jour. Nos collègues de Vesoul étant en ordre de marche depuis 2025, nous avons réorienté notre file active vers eux et poursuivons les orientations des nouvelles demandes. L’unité mobile ne fonctionne qu’à mi-temps et n’est donc pas mobilisable tous les jours de la semaine. Les réponses aux demandes peuvent donc être différées, ce qui peut impacter la prise en charge. Notre public, qui fonctionne bien souvent dans l’instantanéité, ne donne pas toujours suite à une réponse arrivant trop tardivement dans leur fonctionnement et organisation.
6 CAARUD ENTR’ACTES – RA 2025 Le déploiement de cette offre de service supposerait de développer davantage nos relations partenariales et la mise en œuvre de maraudes pour faciliter la rencontre avec le public. Le « bouche à oreille » est un moyen qui fonctionne efficacement, mais il nous faut toucher davantage les partenaires et les usagers pour que des orientations puissent mettre en mouvement cette modalité de communication. Notre participation à différentes instances telles que CLS, CISPD, PTSM nous permet de communiquer sur notre service mais ne suffit pas à développer l’activité. La communication autour de cette offre de service doit être davantage développée et renforcée. Des publications sont réalisées via notre compte Instagram. Ce travail n’a pu être réalisé cette année, l’équipe de l’unité mobile ayant, à plusieurs reprises, renforcé les Carrud(s) fixes dans le cadre d’absences. III.1.e. L’accès à du matériel de réduction des risques et des dommages : Il s’agit de prévenir et de réduire les risques infectieux (VIH, VHC, VHB) en développant des messages de prévention, et supports adaptés, en permettant l’accès gratuit aux outils de réduction des risques efficaces et adaptés et en assurant la récupération et la gestion des déchets à risques infectieux. MATERIEL PRINCIPAL DE RDR DISTRIBUES N-1 N Seringues 45 273 54 530 Pipes coudées 2 275 3 053 Kit base 6 351 8 570 Kits sniff (2 feuilles) 36 0 Carnet Roule Ta Paille (10 feuilles) 1 192 879 Feuilles aluminium 12 756 13 801 Le matériel distribué varie en fonction des modes de consommations des usagers. Nous constatons des variations principalement à la hausse de l’ensemble du matériel proposé. La consommation importante de cocaïne basée administrée par inhalation avec l’utilisation des kits base en hausse depuis plusieurs années se poursuit. Le nombre d'usagers bénéficiant de matériel RDR est globalement en hausse sur l’ensemble des services et davantage sur le Csapa, qui est livré en matériel par le Caarud. Une augmentation des seringues distribuées et une forte hausse du nombre de pipes pour fumer le crack sont constatées au Csapa. Ces chiffres concordent avec nos observations sur l'évolution des produits consommés et les modes de consommations. Effectivement, les usagers consommant de la cocaïne basée en la fumant sont prédominants. Nous observons une augmentation de la distribution de bicarbonate, qui est une bonne nouvelle en termes de réduction des risques. L’utilisation de bicarbonate à la place de l'ammoniaque pour modifier son produit réduit les risques de toxicité pulmonaire. Ce message de réduction des risques semble assimilé par le public. Enfin, les professionnels sensibilisent régulièrement les usagers et les partenaires à l’importance de récupérer le matériel souillé, et proposent la distribution systématique de containers. Pourtant, 2025 fait apparaître un taux de récupération en forte baisse (24%) et un nombre de containers distribués divisé par deux. Nous estimons que ces données sont erronées, du fait d’un changement des contenances de containers proposés. En effet, pour faire face aux besoins du public, différentes tailles de containers (0,45l, 2l, 4l) sont proposées. La formule mathématique permettant de calculer le taux de récupération est adaptée à la contenance du container récupéré. Notre outil de reporting, que remplit chaque professionnel lors de chaque distribution et/ou récupération, n’a pas été adapté en ce sens. Les containers donnés et récupérés ne font pas état de la contenance. Dès lors, les calculs ont été réalisés sur la base des containers classiques de 0,45l, ce qui a faussé les résultats 2025. Ce point a été revu pour 2026. III.1.f. La médiation : Les CAARUD sont implantés au sein des villes de Belfort et Montbéliard et doivent s’y intégrer. Cette tâche est délicate car l’accueil d’usagers de drogues se heurte souvent à la réticence des riverains. Notre objectif est de renforcer le lien avec le voisinage afin d’assurer une meilleure intégration des usagers et de prévenir des nuisances liées à l’usage des drogues. Cette année, nous n’avons pas mis en place de réunions formelles avec le voisinage du fait du contexte. Cependant, nous sommes restés vigilants et disponibles pour le voisinage. Nous avons également rencontré le futur voisinage à Montbéliard, associé dès le démarrage du projet. Au vu des difficultés rencontrées cette année, nous avons fait appel à plusieurs reprises aux forces de l’ordre pour intervenir au sein du CAARUD. Ces rencontres ont permis de présenter nos missions de santé publique et de repréciser le périmètre d’exercice des missions de réduction des risques aux abords de nos services. Une rencontre avec le commissaire de police et la police municipale de Montbéliard nous a permis également d’échanger sur nos pratiques et d’expliquer nos besoins lors de l’appel aux forces de l’ordre.
7 CAARUD ENTR’ACTES – RA 2025 III.1.g. Le dispositif Travail Alternatif Payé A la Journée (TAPAJ) : TAPAJ est un programme national d’insertion spécifique qui permet aux jeunes consommateurs de produits psychoactifs, en situation de précarité, d’isolement, de décrochage…, une entrée progressive mais immédiate dans le monde du travail commençant par des missions de 4 heures, sur un emploi réel mais non qualifié, payé à la fin de chaque journée. Cette année, le dispositif s’est consolidé sur plusieurs territoires avec une dynamique de développement différenciée : pour le Doubs : activité stable, peu de nouveaux inscrits mais une augmentation du nombre d’heures travaillées par jeune. pour le Territoire de Belfort : forte hausse d’activité, de nombreux nouveaux inscrits et un renforcement du partenariat sur la commune de Delle, qui prévoit un financement dédié pour 2026. En Haute-Saône : développement plus lent, reprise des plateaux sur le secteur d’Héricourt au dernier trimestre avec un retour positif et premiers plateaux réalisés sur le secteur de Lure, en attente de confirmation de financement municipal pour 2026. 84 plateaux ont été réalisés représentant un total de 833 heure travaillé et mobilisant 33 tapajeurs et 8 sorties positives. Une quatrième association intermédiaire (AI) a rejoint le dispositif pour le secteur de Lure. Un comité partenaires spécifiques aux AI a permis de faire un point d’étapes sur le travail collaboratif mené mais également d’aborder les perspectives d’évolutions. Un avenant aux conventions contractées avec chacune des AI a été signé au cours de l’automne pour d’une part, opérer la revalorisation du salaire des tapajeurs afin de se mettre en conformité avec les augmentations du SMIC et d’autre part, pour permettre l’intégration des jeunes âgés de 16 à 17 ans dans le dispositif. Le travail partenarial de proximité permettant de faire connaître le dispositif et de faciliter les orientations de tapajeurs s’est poursuivi avec la rencontre de nombreux acteurs. Le partenariat avec les donneurs d’ordre s’est développé avec 11 partenaires qui ont proposé des plateaux de travail. III.2. PARTENARIAT PRIVILÉGIÉ ET COOPÉRATION : Comme évoqué en préambule, les partenariats sont variés. Nous pouvons relever en 2025 : La poursuite du partenariat formalisé avec un réseau de pharmaciens participant au Programme d’Echange de Seringues (livraison et récupération du matériel) est stable, même si nous déplorons l’absence de pharmacies volontaires dans certains territoires. La formalisation du partenariat avec un acteur du secteur de l’hébergement sur la thématique de la Réduction des risques en hébergement via notre implication dans un projet Fédération Addiction / Armée du Salut : un volet formation et l’élaboration d’un plan d’actions, dont la première a été la mise en place d’une permanence au sein de leur accueil de jour, La reprise des échanges avec le CHRS de Montbéliard où les équipes confrontées à des situation d’addictions souhaitent engager un travail. III.3. EXPRESSION ET PARTICIPATION DES USAGERS : Des temps d’expression sont souvent mis en œuvre de manière informelle tout au long de l’année durant les accueils collectifs. Ils permettent d’échanger sur l’organisation des activités, en lien avec les envies des usagers et favorisent leur implication dans les projets. Ils sont aussi l’occasion de revenir sur des situations particulières collectives vécues pour recueillir l’appréciation de chacun. La participation des usagers est nécessaire sur ces temps où l’on peut se poser, construire ensemble, exprimer des envies et des besoins. La construction des règles de vie du collectif avec les usagers a été amorcée pour un mieux vivre ensemble. L’enquête de satisfaction annuelle n’a pas permis d’obtenir un échantillon représentatif de la population présente au sein des CAARUD mais a été l’occasion pour les répondants d’avoir un espace supplémentaire d’expression. Il ressort de manière unanime le besoin de bénéficier de davantage de sorties extérieures et d’ateliers cuisine. Il est à noter l’implication de plusieurs usagers, témoignant de leurs vécus, dans la conception d’une vidéo diffusée devant une centaine de personnes lors de l’Assemblée générale de notre Association sur la thématique du « prendre soins ».
8 CAARUD ENTR’ACTES – RA 2025 IV. CONCLUSION 2025 aura été une année de contrastes pour le CAARUD Entr’actes. Si les indicateurs quantitatifs traduisent une baisse de la file active et du nombre d’actes, ils ne reflètent pas l’intensité et la complexité croissantes des accompagnements réalisés. L’augmentation du temps consacré aux usagers, la précarisation accrue des situations, la fragilisation de la santé mentale et la montée des tensions au sein des collectifs témoignent d’une évolution profonde des besoins du public. Dans ce contexte marqué par des épisodes de violence et des réorganisations nécessaires, l’équipe a su maintenir ses missions essentielles : accueil inconditionnel, réduction des risques, accès aux soins et aux droits, aller-vers et médiation territoriale. L’année 2026 s’inscrira dans une dynamique de consolidation et développement stratégique en lien avec le CPOM : Renforcement de l’activité de l’unité mobile, à travers des maraudes plus régulières et un travail de communication accrus, Montée en puissance du dispositif TAPAJ, qui devra également être soutenu, afin de favoriser l’insertion des jeunes les plus précaires, Démarche de Réduction des Risques liés à l’Alcool (RDRA) avec l’Association Modus Bibendi ; c’est un levier pour apaiser les collectifs et prévenir les comportements agressifs exacerbés par des consommations massives d’alcool. Cette démarche impliquera activement les usagers dans la réflexion et la construction d’actions concrètes (révision des collations, élaboration d’outils de communication, définition collective des règles de vie), Développement de l’offre de dépistage et de prévention, avec la mise en place de permanences mensuelles en partenariat avec le CEGIDD de Belfort et l’intervention de SOS Hépatites. Le travail partenarial demeurera un pilier structurant : poursuite de l’intégration de pharmacies au programme d’échange de seringues, notamment en Haute-Saône, accompagnement des structures d’hébergement dans la prise en compte des problématiques addictives, renforcement des coopérations locales. Enfin, l’année 2026 sera marquée par l’emménagement dans de nouveaux locaux à Montbéliard. La recherche d’un espace plus adapté à Belfort constituera en parallèle un enjeu majeur. Des locaux adaptés comme cela sera le cas à Montbéliard permettent d’améliorer les conditions d’accueil, sécuriser les collectifs et soutenir les équipes dans l’exercice de leurs missions.
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